
Magnétiseuse
Thérapeute, Eclaireuse
Beaucoup de personnes ne savent pas ce qu'elles ressentent au fond d'elles ou n'osent pas l'écouter.
Petites on leur a dit d'arrêter de pleurer, que ce n'était pas grave, pire que ce n'était rien. On leur a dit que ce n'était pas beau de se mettre en colère, qu'il fallait prêter, écouter, être sage, obéissant. On leur a interdit de ressentir ce qu'elles ressentaient.
Une fois adultes, d'autres adultes leur ont dit et leur disent encore de quoi elles doivent avoir peur, de quoi elles doivent se méfier ou après qui et quoi être en colère, et face à quoi s'émerveiller. On les incite à ressentir ce qu'on souhaite qu'elles ressentent et ainsi à agir comme on souhaite qu'elles agissent.
On les tourne vers l'extérieur en les maintenant éloignées de leur intérieur.
A la longue le risque est de se déconnecter de ce qu'on ressent réellement, mais aussi d'intégrer l'idée que certains ressentis (les nôtres, les vrais) sont dangereux puisque inacceptables, et de finir par avoir de la peur, de l'angoisse, à l'idée de les ressentir ou pire... de les écouter.
A force d'être émotionnellement instrumentalisés par d'autres au fil des ans, nous instrumentalisons émotionnellement les autres à notre tour. La culpabilisation se deverse partout et souvent inconsciemment. Si tu as une activité, un loisir, seul.e ou avec quelqu'un d'autre que moi c'est que tu ne m'aime pas tant que ça. Si je dois te demander les choses au lieu que tu les devine c'est que tu ne m'aime pas. Si tu ne te vaccine pas c'est que tu n'aime pas les autres. Si tu le fais c'est que tu ne t'aime pas toi-même. Si tu ne souhaite pas rentrer dans le triangle de karpmann où je me suis installé, que tu ne valide pas mon statut de victime en venant me sauver, c'est que tu n'en as rien à faire de moi ou pire, que tu es un bourreau. Nous prétendons savoir mieux que l'autre ce qu'il ressent et ce qu'il doit faire ou ne pas faire. Tous autant que nous sommes. Alors que nous sommes incapables de prendre conscience de ce qui nous anime, de ce que nous ressentons nous-même et de "qui" est aux commandes de nos actes. Nos ressentis intérieurs? Les attentes venant de l'extérieur ou les nôtres portées sur ce même extérieur? Nous sommes tournés vers l'autre pour ne pas nous voir nous-même. Nous cherchons à contrôler l'autre plus qu'à nous connaitre nous-même.
L'humain a plus que tout besoin de prendre conscience de ce qui le traverse en dedans et de ce qu'il deverse au dehors.
L'humain a plus que tout besoin de ressentir ce qui est au fond de lui et pas ce que l'extérieur lui dit de ressentir ou fait croire qu'il ressent. Surtout quand cet extérieur devient de plus en plus chaotique.
L'humain a plus que tout besoin de courage afin d'affirmer face à l'autre et face à toute manipulation extérieure ce qu'il a au fond de lui.
L'humain a plus que tout besoin de lâcher prise pour reconnaitre et accepter ce que l'autre a lui-même au fond de lui.
Il n'y a que comme cela qu'il pourra avancer. Il n'y a que comme cela que l'humanité pourra avancer.
Seule la vérité nous rendra libre. Car la vérité est le chemin. Le chemin qui nous fait grandir tout en faisant grandir l'autre.
Je souhaite à tout le monde de pouvoir ressentir sa propre vérité, l'exprimer, et agir en fonction d'elle, tout en acceptant que la vérité de l'autre puisse être différente.
Marion Bécaud
