
Magnétiseuse
Thérapeute, Eclaireuse
Pour ceux que le sujet interesse, deux livres interessants: "Le complexe de la sorcière", et "La sorcière de Limbricht".
On y comprend qu'au delà d'un certain savoir, tel que les plantes qui soignent, ou bien le savoir de sage-femme, la "sorcière" était ainsi étiquettée parce qu'elle dérangeait en étant au service d'une vérité qui allait à l'encontre des dogmes et institutions en place. Elle pensait et agissait librement. Elle pouvait ainsi, aussi, être juste une femme lambda coupable de ne pas se soumettre à l'autorité masculine ou à l'autorité religieuse, parfois coupable d'avoir juste voulu dénoncer un viol...
Pour qu'il y ait une sorcière, il faut qu'il y ait un inquisiteur. La sorcière ne l'étant pas spécifiquement par ses actes, elle l'était et existait en tant que tel uniquement par et dans le regard de l'autre. Le regard de l'inquisiteur.
Une fois l'étiquette posée, il était quasi impossible à la "sorcière" de s'en sortir, impossible de prouver qu'elle n'avait pas commis ce dont on l'accusait à tort. Elle était torturée jusqu'à ce qu'elle reconnaisse (endosse) sa "sorcellerie". Jusqu'à créer chez elle un craquage de la conscience (terme employé dans "Le complexe de la sorcière" et que je trouve très parlant), l'amenant à la faire douter d'elle-même, et finissant par lui faire croire que finalement, peut-être, ils avaient raison. Peut-être était-elle une sorcière. Peut-être était-elle fautive, coupable. Peut-être devait-elle endosser tout ce dont on l'accusait.
Avec la période de l'inquisition, c'est tout un héritage qui est présent dans l'inconscient collectif, maintenant encore aujourd'hui des doutes, des manques de confiance, et une culpabilité dans l'inconscient féminin face à un patriarcat encore puissant, mais aussi dans l'inconscient masculin (qui a peut-être été une femme accusée dans une autre vie, ou bien le proche de l'une d'elles).
Après la mort de la dite sorcière, ses biens matériels étaient confisqués, accaparés par les institutions, laissant parfois ses enfants sans rien.
Oui l'impact dans l'inconscient collectif est toujours là. Quand je vois que des sages-femmes, encore à l'heure actuelle, demandent, attendent l'autorisation, l'aval, du médecin pour que leurs patientes sous péridurale puissent accoucher à quattre pattes dans le lit... comme si elles doutaient de leur propre capacité à savoir ce qui est juste, ou de leur propre droit à l'appliquer... (je n'avais jamais demandé l'autorisation à l'époque où j'étais sage-femme à l'hôpital, mais j'ai pu voir encore ce genre de question dans un groupe facebook il y a peu). Et cela reste un exemple parmis d'autres.
Quand j'ai lu ces livres il y a presque un an, je me souviens d'un soir où j'avais posé le livre du complexe de la sorcière, et je marchais dans mon salon tout en pensant aux lignes que je venais de lire, mon regard s'était posé d'un coup sur un des livres d'une de mes bibliothèques... et j'ai lu "La sage-femme face au juge". Waouh... je fais aussitôt un lien avec "Le complexe de la sorcière"... et il me revient une réalité de dingue, en tout cas une réalité de l'époque où j'exerçais à l'hôpital: en cas de plainte contre une sage-femme, l'expertise pouvait conclure à une faute de la sage-femme même si ça n'était pas le cas. Car c'était le seul moyen pour les parents d'obtenir une aide financière (pour le cas par exemple d'un enfant porteur de handicap, l'état faisant souvent défaut). Faire jouer l'assurance de la sage-femme. Qu'elle soit donc reconnue coupable, malgré son innocence. Quand mon chef de service de l'époque (et expert judiciaire), nous avait expliqué cela et nous avait raconté que lui-même avait déjà été incité par des confrères experts à revoir sa copie quand il concluait (à juste titre) que la sage-femme n'avait pas fait d'erreur, parce que sinon les parents n'auraient rien financièrement, j'étais écoeurée. Et en me remémorant cela j'ai fait un lien avec ces sorcières accusées à tort, et peu après avec les sages-femmes qui demandent encore des autorisations aux médecins quand j'ai vu leur post facebook.
Mais au delà de ce cas de figure assez incroyable, et qui je l'espère n'est plus d'actualité, ce sont les personnes qui "dérangent" qui sont encore la cible d'une certaine chasse. Et à mon sens des personnes telles que Julian Assange, Mahsa Amini, ou Christian Peronne, sont ainsi autant voire bien plus les sorcières d'aujourd'hui, que des personnes qui font des cercles de femmes avec des méditations et de la sauge. Car pour trouver une sorcière, il suffit de trouver un inquisiteur.
Pendant la lecture du complexe de la sorcière, j'ai eu des synchronicités: mes yeux qui tombent sur ce livre "La sage-femme face au juge", que j'ai joyeusement jeté par la suite, ma fille qui s'était mise à peindre sur son ancien skate une grosse toile d'araignée avec un coeur au milieu, que j'ai ressenti comme un message me disant "Aime la sorcière en toi", son nouveau skate qui m'avait permis, juste après son achat, de tomber justement sur le complexe de la sorcière en passant devant la vitrine de la librairie, une amie que je croise et on apprend qu'on est en train de lire ce même livre au même moment, le post facebook sur lequel je tombe et dans lequel des sages-femmes se questionnent et attendent l'autorisation de médecins de leur maternité pour agir de telle façon, etc.
Autant de synchronicités qui m'ont aidée pour certaines à conscientiser voire libérer en partie des mémoires en lien avec une ancienne vie de sorcière brûlée sur le bûcher, ancienne vie parmis d'autres me créant encore actuellement des peurs de dire ma vérité.
Notre monde, notre planète, est en pleine épuration. Tout est nettoyé. Le passé, le transgénérationnel, les vies passées... Et pour se faire tout remonte. Tout ce qui n'a pas été résolu. Autant dire donc tout ce qui n'est pas agréable. Jusqu'à créer des mal-être ou émotions parfois inexplicables, mais temporaires. Il faut juste laisser passer, laisser sortir, sans forcément chercher à comprendre. Mais si cela perdure, il vaut mieux se faire aider et consulter, de préférence auprès de quelqu'un de bienveillant et ouvert d'esprit, plutôt que par un potentiel inquisiteur.
Aimez-vous, aimez en vous la personne qui dérange, aimez la sorcière en vous. Suivez votre coeur et votre vérité.
Marion Bécaud

Photo prise à Saint-Pierre
(Photos non libres de droit)